Saynète :
recrutement d'un travailleur en situation de handicap
Objectif : Faire tomber, « briser les tabous » autour du handicap.
Titre : « Inapte au travail : Connais pas ! Parlons plutôt compétences et aménagement de poste !
L' Histoire :
John NOSOURDINGUE, 25 ans, déficient sensoriel, appareillé, vient d'obtenir son diplôme d'ingénieur en informatique et postule pour un premier emploi. Monsieur Robotov, gérant d'un Cinéma d'Art et d'Essai, souhaite recruter un assistant web pour seconder son responsable de service informatique ; suite à un surcroît de travail. Pour ce poste, il décide d'engager un jeune diplômé. Parmi plusieurs candidatures reçues, le profil de John NOSOURDINGUE attire son attention. Il décide donc de le convoquer pour un entretien. C'est la première fois que Monsieur Robotov reçoit en entretien un travailleur handicapé. Le jour venu : l'inquiétude monte. Quelle attitude doit-il adopter face au handicap ? L'heure du rendez-vous arrive, et d'emblée, John NOSOURDINGUE, pour mettre toute les chances de son côté, fait le choix de la transparence : aborder son handicap de manière simple,honnête et avec humour en mettant l'accent de manière positive sur ses compétences personnelles et professionnelles.
Comment John NOSOURDINGUE parviendra t-il à faire prendre conscience à son recruteur que son handicap peut-être un atout pour son entreprise et non un obstacle ?
Monsieur Robotov sera t-il convaincu de la forte motivation du jeune candidat ? Ses craintes autour du handicap s'envoleront-elles ? Porterat-il un autre regard sur le handicap ?
SAYNETE
Trois personnages :
- Monsieur ROBOTOV,
- Monsieur John NOSOURDINGUE ,
- Josette, la secrétaire.
Dans le bureau de Monsieur ROBOTOV.
Monsieur ROBOTOV fait les cent pas, « se gratte la tête », gesticule. Il est inquiet car l'entretien pour le poste d'assistant web ; avec John NOSOURDINGUE est imminent. La secrétaire, Josette, frappe à la porte.
Monsieur ROBOTOV, d'une voix fragile : « Entrez ! »
La secrétaire, Josette : « Monsieur, votre rendez-vous de 14h30 est arrivé. »
Monsieur ROBOTOV se lève précipitamment de son fauteuil, se prenant « la tête en entre les mains ».
Monsieur ROBOTOV : « Déjà ! au moins on ne pourra pas lui reprocher d'être en retard, c'est un point positif.
L'angoisse monte...
Monsieur ROBOTOV : « Il est comment ? Comment dois-je lui parler ? Il
a l'air vraiment d'une personne handicapée ?. Faisant des allées et venues dans son bureau.
La secrétaire, Josette, d'une voix rassurante, en s'approchant de lui.
« Calmez-vous ! Calmez-vous ! Monsieur ROBOTOV. C'est une personne comme vous et moi. Il a juste un petit problème de surdité qui est mentionné dans son dossier de candidature ».
Monsieur ROBOTOV : Je vais essayer... Mais c'est tout nouveau pour moi. Je vais (marquant un temps d'arrêt) le recevoir. Tout en prenant les mains de la secrétaire, la suppliant : « Vous voulez bien rester le temps de l'entrevue. J'ai un peu peur de l'attitude négative que je pourrais avoir envers lui ».
La secrétaire, Josette : « Monsieur, j'ai beaucoup de dossiers en attente. Mais, non, ne vous inquiétez pas ! Vous verrez, tout va bien se passer ! ».
Monsieur ROBOTOV : « C'est entendu. Vous pouvez aller le chercher. Mais, vous n'êtes pas loin au cas où j'aurais besoin de vous. Je vous en prie. Restez près du téléphone !
La secrétaire, avec un sourire en coin : « Monsieur, vous voulez que je vous apporte un thé pour vous détendre ? ».
Monsieur ROBOTOV : « Non merci, Josette. Cela n'y fera rien».
Josette, la secrétaire sort du bureau et se dirige vers l'accueil où se trouve John NOSOURDINGUE. Celui-ci se lève et serre une main franche à Josette.
Monsieur John NOSOURDINGUE, d'une voix assurée : « Je suis Monsieur John NOSOURDINGUE. J'ai rendez-vous avec Monsieur ROBOTOV pour un entretien pour le poste d'assistant web ».
La secrétaire, JOSETTE : « Je suis Josette, la secrétaire de Monsieur ROBOTOV. Je viens vous chercher pour vous conduire auprès de Monsieur ROBOTOV ».
Monsieur John NOSOURDINGUE : « D'accord. Merci ».
Monsieur NOSOURDINGUE est venu à son premier entretien dans une démarche zen. Un long couloir se dessine devant Josette, la secrétaire et Monsieur NOSOURDINGUE, avant d'arriver au bureau de Monsieur ROBOTOV. John NOSOURDINGUE ne montre aucun signed'angoisse.
La secrétaire à John : « Ca va ? Pas trop anxieux » ?
John NOSOURDINGUE : « Non, çà va. C'est mon premier entretien, c'est vrai. Mais, je reste zen. »
Josette, la secrétaire : « Vous verrez, Monsieur ROBOTOV est un peu angoissé à l'idée de vous recevoir. C'est la première fois qu'il recrute un... »
John NOSOURDINGUE, lui coupant la parole : « une personne en situation de handicap ? Vous pouvez le dire »
Josette, la secrétaire : « Oui ».
John NOSOURDINGUE, en souriant : « Vous savez, Madame. Etre porteur d'un handicap, être un handicapé ; cela ne veut pas dire être handicapé du travail ».
Josette, la secrétaire, embarrassée : « Oh, pardonnez-moi ! j' ai été maladroite ».
John NOSOURDINGUE, d'un ton ironique : « Ce n'est pas grave ! Vous ne pouviez pas savoir !»
Arrivée à la porte du bureau de Monsieur ROBOTOV :
Josette, La secrétaire : « Au revoir, Monsieur NOSOURDINGUE, bon courage ».
Monsieur NOSOURDINGUE : « Au revoir. Merci à vous ».
John NOSOURDINGUE retient son souffle et frappe à la porte du bureau de Monsieur ROBOTOV.
Monsieur ROBOTOV, d'une voix tremblante : « Entrez ! ».
John NOSOURDINGUE ouvre la porte et s'avance d'un pas léger mais décidé vers le bureau de Monsieur ROBOTOV. Celui-ci a le nez dans ses dossiers, ne le regarde pas.
John NOSOURDINGUE : « Monsieur ROBOTOV ? ».
Monsieur ROBOTOV, levant la tête et dévisageant John de la tête aupied.
Monsieur ROBOTOV : « Oui. Lui-même. Vous êtes Monsieur NOSOURDINGUE ? En tout cas, vous êtes à l'heure. C'est positif. Je vous reçois, aujourd'hui, pour le poste d'assistant web ».
John NOSOURDINGUE : « Oui. C'est çà ».
Monsieur ROBOTOV : Vous savez que pour ce poste, je souhaite recruter un travailleur handicapé. La loi oblige l'entreprise d'avoir dansses effectifs, 10 % de travailleurs handicapés. L'êtes-vous, Monsieur NOSOURDINGUE ? ».
John NOSOURDINGUE sourit.
John NOSOURDINGUE : « Oui, j'ai une RQTH ? ».
Monsieur ROBOTOV, interloqué : « Une RQTH ? C'est quoi ce machin, çà veut dire quoi ? ».
John, « surpris (pensant que Monsieur ROBOTOV connaissait lasignification de ce sigle important) : « Ca veut dire que j'ai unereconnaissance de qualité de travailleur handicapé ».
Monsieur ROBOTOV, d'une voix hésitante : « Alors...c'est bien çà... Donc vous êtes bien » (il n'arrive pas à sortir le mot handicapé de sa bouche)
John NOSOURDINGUE, sur un ton humoristique : « Handicapé, oui.Vous savez, Monsieur ROBOTOV ; comme je l'ai indiqué à votre secrétaire ; être handicapé ne veut pas dire être inapte au travail. Je suis atteint de surdité depuis l'enfance mais cela ne m'empêche pas de travailler ».
Monsieur ROBOTOV, articulant chaque mot, parlant très fort : « Ah oui. C'est vrai, J'ai vu qu'il était fait mention de votre handicap, dans votre dossier ». Puis, le regard fuyant « Je sais qu'un han (n'arrivant pas à prononcer le mot handicapé) peut travailler mai bon...
John NOSOURDINGUE, amusé : « Vous savez, Monsieur ROBOTOV. Vous pouvez me parler normalement. Vous n'avez pas besoin d'articuler chaque mot et d'élever la voix. Je vous entends très bien. Mais, bon. Quoi ? Monsieur ROBOTOV ? Vous semblez ne pas être à l'aise avec l'idée d'avoir un travailleur en situation de handicap dans vos effectifs ? ».
Monsieur ROBOTOV : « Non, ce n'est pas çà. Mais, le poste d'assistant web a été créé pour faire suite à un surcroît de travail. Le responsable du service informatique est débordé. Nous avons besoin de quelqu'un d'opérationnel tout de suite pour le seconder. Saurez-vous être à la hauteur de la tâche demandée ? ».
John NOSOURDINGUE: « Monsieur ROBOTOV. Encore une fois, je suis atteint de surdité.
Mais cela ne va pas m'empêcher d'être opérationnel et réactif à mon poste de travail. J'ai aussi besoin de travailler », d'une voix laconique.
Monsieur ROBOTOV : « Pouvez-vous m'en dire plus sur votreparcours ? »
John NOSOURDINGUE : « Et bien. J'ai 25 ans. Je viens d'obtenir mon diplôme d'ingénieur en informatique. Comme je vous l'ai déjà dit, je suis sourd depuis ma plus tendre enfance ; mais cela n'a pas été un frein toutau long de ma scolarité et de ma vie sociale. J'ai réalisé de brillantes études et j'ai une vie sociale des plus accomplie. J'ai, par ailleurs, bien été noté lors de mon stage de fin d'études. Mais, je vois que vous m'observez avec insistance, surtout le visage. J'ai quelque chose sur le bout du nez ? » Sur un ton ironique.
Monsieur ROBOTOV, gêné : Euh...Je me demandais ce que vous portiez à vos oreilles ? C'est quoi ces trucs que vous avez là ? désignant les appareils auditifs.
John NOSOURDINGUE, avec humour : « Ah, ces machins, ces petites choses, là ? » en portant la main à ses oreilles. Cà s'appelle des appareils auditifs, Monsieur ROBOTOV. Et ceci, c'est pour mieux vous entendre, Cher Monsieur ROBOTOV » Rires...
Monsieur ROBOTOV, un peu hébété. « Ah d'accord. Je ne savais pas. Mais, j'y pense, votre handicap va occasionner des absences. Comment vais-je faire ? Qui va faire le travail à votre place ? Avez-vous des contraintes inhérentes à votre handicap ? Vous pouvez travailler de manière régulière ? Vos appareils auditifs peuvent tomber en panne ? Survolté...
John, d'une voix rassurante : « Monsieur ROBOTOV, Monsieur ROBOTOV ! en venant à cet entretien, j'ai pris le parti de communiquersur mon handicap. Je trouve que c'est essentiel de jouer la transparence face à vous. C'est une question d'honnêteté et c'est une manière ausside vous rassurer quant à mon handicap. Donc, ne vous inquiétez pas !Depuis mon adolescence, je suis très autonome et gère les contraintes liées à mon handicap. J'ai toujours sur moi, des piles de rechange encas de panne de mes appareils auditifs. Je vois mon ORL tous les sixmois. Je ferais en sorte, de prendre mes rendez-vous le samedi. Ce n'est pas parce que je suis handicapé, que je ne serais pas un excellent collaborateur.»
Monsieur ROBOTOV, le visage un peu moins crispé : Bien. Bien. Je vois que vous avez pensé à tout. Vous me rassurez sur ce point
.John, sur un ton ironique : « De plus, recruter un travailleur handicapé peut comporter des avantages».
Monsieur ROBOTOV, surpris : « Ah bon ! Quels avantages ? Vous pouvez m'éclairer, s'il vous plaît ? »
John NOSOURDINGUE : « Et bien. Par exemple, moi, travailleur handicapé ; lors de mon bilan de stage de fin d'études ; mon tuteur de stage a noté que j'étais très consciencieux, très motivé. J'ai aussi,développé une forte capacité d'adaptation, d'autonomie. L'entreprise, en recrutant un travailleur en situation de handicap, peut aussi prétendre à des aides financières, comme par exemple, la prime à l'embauche. Ah ! j'oubliais, je suis aussi dynamique. J'aime travailler en équipe et... »
Monsieur ROBOTOV : « C'est bon ! C'est bon ! Monsieur NOSOURDINGUE. Vous m'avez convaincu ».
Monsieur ROBOTOV se lève de son fauteuil. Touché par le discours du jeune candidat ; se rapproche de lui, posant sa main sur son épaule :
« Je compatis ! ».
John NOSOURDINGUE, étonné : « Vous savez, Monsieur ROBOTOV, la surdité ne tue pas. Je vais survivre ! Rires...
Monsieur ROBOTOV, un peu honteux, esquivant la remarque de
Monsieur NOSOURDINGUE : « Bien. Je crois que notre entretien touche à sa fin. J'ai deux, trois candidats à voir. Je les reçois. Je prend ma décision dans une dizaine de jours et reviens vers vous pour vous communiquer la réponse ».
Monsieur SOURDINE : « Entendu, Monsieur ROBOTOV. Je vous remercie de m'avoir reçu. J'attends donc votre réponse ».
Monsieur ROBOTOV et Monsieur SOURDINGUE prennent congés l'un de l'autre, tout en se serrant la main.
Après quelques jours de réflexion, Monsieur ROBOTOV prit la décision d' embaucher Monsieur John NOSOURDINGUE et il ne le regretta pas. Ce fût positif sur le plan humain et professionnel. Monsieur ROBOTOV prit conscience des qualités personnelles de John NOSOURDINGUE ainsi que du travail accompli par celui-ci. Cette expérience lui a permisde porter un autre regard sur le handicap et non pas un obstacle comme il le pensait au départ. Quant à John, il est très heureux de participer à l'activité de l'entreprise et se sent très bien intégré. De part ses qualités personnelles et son professionnalisme, il est considéré comme l'un des meilleurs éléments de l'entreprise.